Nouvelle du recueil "tiré par les cheveux" : Lune

Nouvelle du recueil "tiré par les cheveux" : Lune
LUNE

16h30. Des champs à perte de vue. Une hache est plantée dans un arbre, une faucille couchée dans les blés. Les maïs dansent au rythme du vent et sur le chemin menant au village un adolescent, âgé de quinze ans, bricole sa nouvelle bécane. La béquille craque mais rien ne se passe. Elle refuse de démarrer. Au loin, les nuages s'épaississent et l'orage se fait entendre. Il serait vraiment temps que cette bécane démarre. Le craquement se mélange au grondement du ciel. Soudain, un éclair d'une puissance extrême vient frapper les câbles électriques à haute tension qui s'écrasent sur l'enfant... et... plus rien... Sauf le silence... La roue arrière de la mobylette, couchée sur le sol, tourne doucement jusqu'à l'arrêt et les nuages disparaissent. Les heures passent et la nuit tombe. Inquiets, les villageois lampes torches à la main traversent les champs, les sentiers, les forets, crient son nom mais en vain, personne ne répond.

*

La lune était pleine, entourée d'un halo brumeux. On dit, dans ce cas, qu'elle boit quand il va pleuvoir !
Mon frère et moi nous dirigions vers la forêt. Nos frontales bien accrochées, on criait : « Clovis ! Clovis ! ». Mais où était passé ce foutu chien ? Cela faisait deux heures que l'on tournait dans tout le village et le bois était le seul endroit où il aurait pu aller. Nous nous enfoncions petit à petit dans l'obscurité de la forêt avec la peur au ventre jusqu'au moment où l'on vit Clovis sortir d'un buisson. Dans la pénombre, on pouvait distinguer sa démarche nonchalante. Il avait l'air bien esquinté. Mon frère s'approcha calmement en tendant sa paume mais Clovis grogna ! La bave coulait le long de ses longues babines, son poil était hérissé le long de son échine et ses yeux étaient injectés de sang. Notre pauvre chien était devenu enragé. A peine le temps de réfléchir, Clovis bondit sur nous. Nous eûmes le temps de l'esquiver et de nous enfuir, sueur au front et c½urs palpitants. Je crois que nous avons eu la peur de notre vie. A la sortie de la forêt, en nous retournant, on aperçut à travers les feuillages de la forêt, une lueur aveuglante. On avait vraiment du mal à garder les yeux ouverts. Elle s'éteignit rapidement avec le son d'un « pof » de baguette magique. Nous n'avons plus jamais revu notre chien.


*

Un mois après notre escapade, tous réunis autour d'une table bien garnie, nous fêtions notre anniversaire avec cinq de nos meilleurs amis. Killian et moi avions tous les deux vingt-et-un an. Ah ! Enfin l'entrée dans le monde adulte !!! On attendait ça avec impatience. Pour l'instant tout se passait à merveille. Sur ce fond de rires imbibés d'alcool, l'horloge sonna minuit. Les frères jumeaux ont la particularité de faire des choses que les gens ne comprennent pas forcément et parfois eux-mêmes ne le savent pas non plus. Nous nous retournions donc d'un même mouvement énergique vers la fenêtre. Le ciel était clair, les étoiles brillaient et la lune était pleine et bien dessinée. Et là ! Le trou noir...
Quand mon frère et moi ouvrîmes les yeux, nos mains étaient couvertes de sang. La frayeur nous prit au ventre, nos gorges étaient nouées et des larmes coulaient sur nos joues. On s'échangea des regards mais ni mon frère ni moi avions des réponses à ce qu'il se passait, ou du moins on ne voulait pas comprendre. Nos amis n'étaient plus là, l'appartement était vide de toute âme pourtant tout était resté tel quel. La table n'était pas débarrassée mais l'horloge indiquait une heure du matin. Sans échanger un seul mot, Killian courut à l'étage. Recroquevillé sur moi-même, les mains posées sur la tête, j'écoutais ses pas se bousculer dans l'escalier. Il s'arrêta. Ce silence... toujours ce silence, pesant, étouffant qui me paralyse et me donne un goût de déjà vu. Je redoutais le pire. Oui... cinq sacs noués étaient disposés sur le sol, couverts de sang. Et oui !! On l'avait compris : Ca recommençait !...................(


La fin faut me la demander :D
# Posté le jeudi 14 juin 2007 15:28
Modifié le dimanche 01 juillet 2007 12:03